|
|


Brrr… J’en
tremble d’effroi !
Est-ce le nom d’un organisme aux sombres desseins,
qui visent l’asservissement et l’aliénation
de toute l’humanité à travers des principes
et des dogmes rigides ?
Oh que non ! C’est par une journée ensoleillée
de Juin 2005 que sont jetés les bases de ce mouvement,
plus précisément à l’occasion
du mois de la BD initié par le Centre Culturel Français
de Douala. De nombreux dessinateurs solitaires saisissent
l’occasion qui leur est donnée de se rencontrer
pour monter un projet commun qui serait la locomotive de
toutes leurs actions et la matérialisation d’un
besoin réel. L’association des Illustrateurs
et Auteurs de bande dessinée : TRAIT NOIR naît.
Elle voit le jour à une période ou la bande
dessinée camerounaise est en pleine léthargie.
En effet, il n’existe pas de périodiques locaux.
On retrouve essentiellement les bandes dessinées à l’intérieur
des journaux satiriques (à connotation politique)
et dans les magazines à caractères éducatifs
(sensibilisation…). En marge de quelques tentatives
désespérées et isolées de publications
d’ouvrages destinés au 9e art, on doit se rendre à l’évidence
: TOUT EST A CONSTRUIRE DANS LE DOMAINE DE LA BANDE DESSINEE
CAMEROUNAISE. Car il s’agit d’assurer à ceux
qui veulent s’y adonner non seulement une formation
adéquate, mais également des perspectives de
développement ; ce qui ne peut se faire sans une solide
organisation. Le potentiel en terme de talent artistique
existe, les soutiens divers et la volonté de l’association
TRAIT NOIR feront le reste, afin que la bande dessinée
camerounaise acquière enfin des lettres de noblesse.
Almo
GRAND CONCOURS : VUES D'AFRIQUE
Le Festival et le Ministère des Affaires Etrangères
organisent à compter du 15 novembre un grand concours
de création en bande dessinée, par et sur l’Afrique.
Explications.
"Ma ville aujourd’hui, ma ville demain" :
tel est le thème du grand concours de création
en bande dessinée 3Vues d’Afrique3,
que le Festival d’Angoulême et le Ministère
des Affaires Etrangères proposent aux auteurs africains, à compter
de ce jour 15 novembre. Le concours restera ouvert pendant
’au 15 décembre.
Ce concours gratuit est ouvert sans restriction à tous
les créateurs et créatrices né(e)s
ou résidant en Afrique subsaharienne, sous réserves
qu’ils et elles soient majeur(e)s. Les œuvres
proposées par les candidat(e) pourront compter une,
deux ou trois planches en couleur ou en noir et blanc,
et devront être réalisées ou traduites
en français, en anglais ou en portugais.
Au terme du concours, dix des candidat(e)s seront sélectionné(e)s
par un jury de professionnels de la bande dessinée,
et invité(e)s à Angoulême pour participer à la
33e édition du Festival, en janvier prochain. Ils
seront conviés à participer à diverses
rencontres, débats et tables-rondes, tandis que
leurs œuvres feront l’objet d’une exposition
collective reprenant le titre du concours : « Vues
d’Afrique ». Trois de ces dix auteurs seront
en outre sélectionnés pour participer ultérieurement à une
résidence d’artiste à Angoulême,
sous les auspices du pôle image Magélis.
Par cette action de visibilité en direction de l’Afrique
et de ses auteurs, le Festival international de la bande
dessinée exprime la continuité des initiatives
de création et d’animation développées
depuis plusieurs années vers les pays du continent
africain, afin de donner à leurs auteurs et aux
expressions dont ils se font les interprètes toute
la place qu’ils méritent.
Tous
les détails concrets d’organisation
du Concours Vues d’Afrique et d’envoi des œuvres
sont disponibles en téléchargeant ici le
règlement du concours.
LE BULLETIN DE TRAIT NOIR
La bande dessinée camerounaise
existe-t-elle? A-t-elle existé?
Est-elle décédée?
Y a-t-il des auteurs de bande dessinée
au Cameroun? Si oui, combien sont-ils,
où évoluent-ils? Y a-t-il
un avenir pour cette discipline qui
se définit comme un art (le
9e, plus précisément)?
L'association des Illustrateurs et
auteurs de la bande dessinée
(Trait Noir) à travers ce bulletin
tentera, autant
que faire se peut, d'apporter des
essais de réponseà toutes
ces interrogations.
INTERVIEW
D'ERIC WARNAUTS
Qu'est-ce que la bande dessinée et à quoi sert-elle?
E.W : c'est un vecteur de communication que l'on situe
souvent entre
le cinéma et la littérature. Elle permet de raconter des histoires à travers
lesquelles les auteurs de bande dessinée (BD) s'expriment.
Qu'est-ce qu'un auteur de bande dessinée ?
E.W : C'est une personne capable d'associer le texte et l'image pour raconter
une histoire.
C'est la deuxième fois que tu viens au Cameroun et au regard de ta
production en bande dessinée, tu sembles avoir un sain et franc intérêt
pour l'Afrique, pourquoi ne t'y installes-tu pas ?
E.W : Peut- être parce que le temps n'est pas encore venu…Ce
n'est de toute façon pas moi qui
déciderai…Si cela doit se faire, cela se fera.
L'association "TRAIT NOIR" ça te dit quelque chose?
E.W : OUI, c'est une association d'Illustrateurs et d'Auteurs de BD camerounais
qui ont décidé de se regrouper afin de pratiquer leur art de manière
moins solitaire.
Comment une association d'Illustrateurs et d'Auteurs en bande dessinée
a-t- elle des chances de se développer ?
E.W : En restant "ouverte" ; en ne fixant comme condition
d'admission
que la passion du dessin, du récit.... En cherchant à travers une émulation
constructive à constamment progresser.
Quel doit- être l'apport d'un centre culturel français pour
une
telle association ?
E.W : Le CCF ne "doit" pas, mais peut aider les auteurs en étant
un des lieux où l'association vit, s'exprime et s'épanouit. Le
CCF peut (comme il est en train de le faire) épauler la démarche
des membres
de "TRAIT NOIR".

Une bonne bande dessinée pour toi c'est quoi ?
E.W : C'est quelque chose qui me parle , qui m'émeut ou me fait rire… Quelque
chose qui me touche…
Tu as certainement jeté un coup d'œil sur les rares productions "Bandessinales" camerounaises,
quels en sont les points forts et les points faibles ?
E.W : Les points forts : l'originalité, la créativité,
l'imagination… Les points faibles : le peu de supports qui ne permet pas
vraiment à la
production locale de se hisser à un niveau de
qualité supérieur.
Qu'est-ce qui explique l'abondante production de la bande dessinée
belge ?
E.W : Le fait que le pays soit depuis des dizaines d'années
un lieu de production. Nous vivons avec la BD (comme le japon avec le Manga).
Elle est
présente dans les journaux, à travers les critiques …C'est
le fruit d'un héritage, que plusieurs générations d'auteurs
nous ont légués.
Comment la bande dessinée Africaine et plus particulièrement
camerounaise a-t- elle des chances de pénétrer les marchés
européens, américains et asiatiques ?
E.W : En se hissant au niveau des meilleures productions de ces pays, tout en
gardant ce qui fait sa spécificité, son originalité africaine.
E-mail : noirtrait@yahoo.fr
|
|
|
|